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Ce marché aux puces parisien est le plus grand marché d'antiquaires et de brocanteurs au monde

Le marché aux puces de Saint-Ouen, en face du 18e arrondissement, est le plus grand marché du monde.

Écrit par
La Rédaction
,
Charline Lecarpentier
et
Alix Leridon
Ce marché aux puces est le plus grand marché d'antiquaires et de brocanteurs au monde
© Jo ZHOU @jo-zhou
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Le marché aux puces de Saint-Ouen n’est pas un marché, c’est un monde à part entière – et le 5e site touristique du pays. Un endroit surnommé « Grenier du Monde » où la densité de population – plus de 5 millions de visiteurs par an – se mêle à celle d’objets en une profusion apparemment inépuisable. Douze marchés couverts – Antica, Biron, Cambo, Dauphine, l’Entrepôt, Jules-Vallès, Malassis, le Passage, Paul Bert et Serpette, l’Usine et Vernaison – s’inscrivent aux côtés de cinq rues commerçantes pucières (Rue Jules Vallès, Rue Lecuyer, Rue Paul Bert, Rue des Rosiers et l’Impasse Simon) et du déballage marchand sur les trottoirs. En tout, près de 2000 marchands sur 7 hectares.

Les origines des Puces de Saint-Ouen : du bric-à-brac à l’institution mondiale

Avant d’être le temple des antiquités et du vintage, les Puces de Saint-Ouen étaient surtout un terrain de débrouille et de récup’. Tout commence dans les années 1870, quand les chiffonniers, chassés du centre de Paris, trouvent refuge au-delà des fortifs, dans la zone de Clignancourt. Leur métier ? Récupérer tout ce que la ville jetait, fouiller les détritus pour en extraire des objets encore exploitables. Mais en 1883, un certain préfet Eugène Poubelle – oui, celui qui a donné son nom aux fameuses boîtes à ordures – impose l’usage de bacs hermétiques, rendant la chasse aux trésors plus compliquée. Heureusement, la préfecture se montre clémente et leur permet de fouiller entre minuit et cinq heures du matin.

Petit à petit, les biffins organisent leurs butins en marchés en plein air, posant leurs étals Porte de Clignancourt, entre guinguettes et marchands ambulants. En 1885, la ville de Saint-Ouen commence à réglementer l’affaire et impose un droit de stationnement. Le business est lancé. Ce qui n’était qu’un rassemblement hétéroclite de bric-à-brac devient un lieu de plus en plus fréquenté, attirant même les bourgeois du dimanche venus flairer de bonnes affaires. Dans les années 1900, la presse s’emballe et décrit le marché comme une « cour des miracles pittoresque, où se croisent apaches et collectionneurs snobs ». L’expression « Marché aux Puces » fait son apparition vers 1904, en clin d’œil aux objets parfois douteux qu’on y trouve. En 1910, L’Assiette au Beurre, revue satirique de l’époque, consacre un numéro entier aux Puces et leur donne une aura encore plus grande.

De la récup’ au business des antiquaires

Au début du XXe siècle, le marché commence à prendre un tournant plus structuré. Avec l’essor du métro et l’instauration du week-end, l’affluence explose. Lassés de devoir remballer leur stock après chaque journée, certains brocanteurs décident de s’installer durablement. En 1920, Romain Vernaison ouvre le premier marché en dur, suivi par Biron en 1925, qui devient rapidement le repaire des antiquaires et des amateurs d’objets d’exception. D’autres marchés suivent : Jules Vallès en 1938, Malik en 1942, Paul Bert en 1954… chacun avec sa propre vibe et ses spécialités. Dans les années 70, les Puces s’étendent sur sept hectares, et Serpette, lancé en 1977, parachève la transformation du site en référence absolue pour la chine et le mobilier de collection.

Le marché Dauphine : l’incontournable point de départ

Au cœur de ce microcosme, le marché Dauphine se distingue par son côté photogénique et éclectique. Véritable point de départ pour les indécis, il se repère facilement grâce à l’immense soucoupe volante orange de la Maison Futuro, sous la verrière de la halle principale. Ce repère visuel sert de porte d’entrée vers un univers foisonnant de trésors vintage et d’objets insolites.

Les allées authentiques du marché Vernaison

En quête d’un coin à l’abri du flot touristique, suivez les petites allées du marché Vernaison. Ici, l’âme de Saint-Ouen s’ouvre à vous sans détour, dans un décor authentique où chaque objet carbure à l’histoire. Les commerçants, fiers gardiens de leur héritage, vous confient avec passion les récits de leurs trésors – témoins d’époques révolues. Chaque pièce, qu’il s’agisse d’un meuble patiné par le temps ou d’un bibelot insolite, murmure des anecdotes. 

Le Passage et ses librairies d’antan 

Si vous avez un faible pour les pages jaunies et les bouquins qui ont du vécu, direction le Passage. Un couloir serré, bordé de librairies où les livres s’empilent en équilibre précaire, prêts à révéler leurs secrets à qui sait fouiller. Ici, ça sent le papier ancien, ça bruisse doucement sous les doigts, et chaque recoin cache une édition rare ou un magazine oublié. Un terrain de jeu parfait pour les collectionneurs acharnés, les fétichistes du livre et les rêveurs en quête d’un bon prétexte pour s’évader.

Paul Bert Serpette, le musée où tout est à vendre

Que l’on apprécie le street art en extérieur ou en galerie (Street Dream Gallery, rue Jules Vallès), Saint-Ouen ne manque pas d’en mettre plein les mirettes, loin de l’hygiénisme de certains quartiers. Il est agréable d’y flâner parmi les bâtiments en briques rouges et les allées où les différents styles de mobilier détonnent et permettent de voir presque autant de dorures qu’à Versailles. Le marché Paul Bert Serpette, en particulier, est un classique des puces dont on ne se lasse pas puisqu’il est par essence tout le temps renouvelé. C’est le plus grand marché d’antiquités du monde (hors du dark web en tout cas), le long de la rue des Rosiers. 

Quand ? Vendredi de 8h à 12h, samedi, dimanche et lundi de 10h à 18h.
Où ? 110 rue des Rosiers, 93 400 Saint-Ouen. 

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