Alors que les vacances d’hiver commencent ce vendredi 14 février pour les enfants de la zone C – celle des Franciliens –, direction les plus gros pourvoyeurs d’idées sorties à Paris : les musées ! De notre pêche, on vous a ramené dix expos pour éduquer et faire kiffer vos marmots, avec aussi bien des blockbusters mode, une nouveauté photo que des choses plus expérimentales. Bonnes visites !
Olga de Amaral, à la Fondation Cartier
Décidément, le textile a le vent en poupe à Paris. Alors que la Japonaise Chiharu Shiota tisse ses toiles rouges du côté du Grand Palais, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, c’est la pionnière du fiber art Olga de Amaral qui expose ses créations XXL. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à 92 ans, la Colombienne en a encore sous la pédale du rouet.
Dans une magnifique scénographie conçue par l’architecte franco-libanaise Lina Ghotmeh, l’écrin de verre du 14e arrondissement se transforme en un petit bout d’Amérique du Sud, aussi minéral que sinueux, pour mettre à l’honneur près de 90 travaux de l’artiste, dont certains n’avaient jamais quitté le sol colombien.
Une rétrospective à la hauteur de l’impact d’Olga de Amaral, qui n’a cessé de repousser les limites du médium textile depuis les années 1960 en s’inspirant des paysages impressionnistes de Monet ou des brumes de Turner, s’imposant rapidement comme une figure incontournable de la scène plastique contemporaine.
Lire notre critique de l'expo Olga de Amaral par ici.
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Quand ? jusqu'au Où ? Fondation Cartier pour l'art contemporain, 261 Bd Raspail, 75014 Paris
Du Cœur à la main : Dolce & Gabbana, au Grand Palais
En 2025, Dolce & Gabbana fêtera 40 ans de création. Et trouvera au Grand Palais un écrin à la mesure de son exposition événement, inaugurée au Palazzo Reale à Milan. Des inspirations multiples du duo de stylistes (céramique sicilienne, verrerie vénitienne…) aux pièces uniques conçues à la main dans leurs ateliers, l’exposition tisse les mille et un liens entre la culture italienne et cette haute couture de la démesure que cultive la maison. À travers dix salles immersives et une scénographie aussi folle que leurs robes, on se balade dans la tête (et dans le cœur) des créateurs.
Lire notre critique de l'expo Du Coeur à la main : Dolce & Gabbana par ici.

Quand ? jusqu'au 31 mars 2025
Où ? Grand Palais, 3 avenue du Général Eisenhower, Paris 8e
Louvre Couture, objets d’art, objets de mode, au musée du Louvre
Il suffit de se balader dans ses allées pour s’en rendre compte : au Louvre, la mode est partout. Des toges mythiques des sculptures de la galerie des plâtres aux étoles de velours des toiles caravagesques, la sape est loin d’être un personnage secondaire dans l’histoire de l’art. Pourtant, longtemps, le Louvre a boudé la discipline. Inattendue, sa première expo mode compte bien rattraper le coup en confrontant une centaine de tenues de 45 créateurs et créatrices (dont Coco Chanel, Jean-Paul Gaultier ou Marine Serre) aux collections historiques du musée, dans un parcours pharaonique de près de 9 000 mètres carrés.
Lire ici notre chronique de l'expo Louvre Couture, objets d’art, objets de mode.

Où ? musée du Louvre, rue de Rivoli, Paris 1er.
Chiharu Shiota, The Soul Trembles, au Grand Palais
Dennis Morris - Music + Life, à la Maison Européenne de la Photographie
C’est la première rétrospective française du photographe britannique Dennis Morris. Le Londonien est devenu célèbre pour ses portraits mythiques de Bob Marley (qu’il n’a pas quitté d’une semelle entre 1974 et 1981), mais aussi des Sex Pistols, de Marianne Faithfull, d’Oasis ou des Stone Roses. Il a été un témoin unique de l’évolution de son quartier de Dalston, de la vitalité de la diaspora caribéenne, de la naissance des sound-systems… Un concentré de l’énergie de toutes les contre-cultures londoniennes de l’époque !
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Quand ? du 5 février au 18 mai 2025
Où ? Maison européenne de la photographie, 5-7 rue de Fourcy, Paris 4e.
Disco, I’m coming out, à la Philharmonie
Après le headbang, la boule à facettes. Du 14 février au 17 août 2025, la Philharmonie célébrera le disco en long, en large et en paillettes. Pour baliser le terrain, l'établissement évoquera les premiers jours (américains) du disco et sa filiation avec les combats politiques de la fin des années 1960. Le parcours devrait ensuite s’intéresser à des artistes et groupes ayant défini les codes du genre, avec, sur la pochette, des noms comme Donna Summer, Chic, Giorgio Morder ou Grace Jones. L’autre versant de l'événement traitera du disco comme phénomène mondial ayant infusé dans tous les domaines culturels et économiques. Enfin, la Philharmonie de Paris devrait insister sur la discothèque comme matrice de la libération des corps et de la culture club.
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Quand ? du 14 février au 17 août 2025.
Où ? Philharmonie, 211 avenue Jean-Jaurès, Paris 19e.
Antiquité et cinéma, à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé
Il n’y a qu’à voir les audiences du dernier Gladiator de Ridley Scott pour faire taire les mauvaises langues : non, le péplum n’est pas mort. Délaissé depuis quelques années, considéré comme ringard voire maudit par certains réalisateurs, le genre empruntant à l’histoire antique est né en même temps que le cinéma lui-même. Et méritait bien sa petite expo.
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Quand ? Jusqu'à 29 mars 2025.
Où ? 73 avenue des Gobelins, Paris 13e
L’art « dégénéré » : Le procès de l’art moderne sous le nazisme, au Musée national Picasso-Paris
Dès 1930, le parti nazi s’attaque à l’art moderne. Considérant que cette avant-garde sape leur fantasme d’une nation allemande supérieure, triomphante et martiale, les nazis font interdire les artistes juifs et/ou communistes et saisir leurs œuvres « impures ». La liste des persécutés inclut les plus grands noms du XXe siècle : Otto Dix, Ernst Ludwig Kirchner, Vassily Kandinsky, Paul Klee, Marc Chagall, et, bien sûr, Pablo Picasso. Quelque 700 œuvres confisquées sont présentées de manière infamante dans une exposition intitulée Art dégénéré en Allemagne de 1937 à 1941, où elles sont comparées à des dessins de malades mentaux. Le musée Picasso replace pour la première fois cette propagande de l’extrême droite contre l’art moderne dans son contexte. Pour éviter que l’histoire ne bégaie ?
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Quand ? du 18 février au 25 mai 2025
Où ? musée Picasso, 5 Rue de Thorigny, Paris 3e.
Jacques Prévert, rêveur d'images, au musée de Montmartre
On le connaît pour ses poésies enfantines, ses chansons entonnées par Yves Montand ou Serge Gainsbourg, son engagement politique et les nombreuses écoles primaires à son nom. Mais Jacques Prévert était aussi un artiste flirtant avec le surréalisme. Ça tombe bien : le mouvement fête ses 100 piges ! C’est l’expo parfaite à faire un dimanche après-midi, sous un soleil d’hiver, entre copains ou en famille. Joyeuse et colorée, Jacques Prévert, rêveur d'images rassemble près de 150 pièces éclectiques entre collages, photos, dessins, gouaches mais aussi tableaux de tous ses potes (Calder, Picasso ou Miró pour ne citer qu’eux). Prévert, c’est aussi des choix plastiques affirmés, aussi divers soient-ils. Le texte et l’image s'enlacent sans cesse, toujours avec goût et humour. Une ode à l’amitié déployée sur les deux étages d’un musée qui prend des allures de cour de récré.
Lire notre critique de l'expo Jacques Prévert, rêveur d'images par ici.
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Quand ? jusqu’au 16 février 2025.
Où ? musée de Montmartre, 12 rue Cortot, Paris 18e.
Picasso, L’Art en mouvement, à l’Atelier des Lumières
L’Atelier des Lumières se propose de retracer en 40 minutes chrono la carrière de l’artiste. À l’aide de ses 140 vidéoprojecteurs laser et 50 enceintes dernier cri, le musée immergera les visiteurs dans les différentes périodes artistiques de Pablo Picasso, qu’elles soient bleues, roses, surréalistes ou cubistes. Une évolution qui l’a conduit de l’Espagne vers la France, refondant son art et ses motifs de prédilection : les artistes, les cabarets, les paysages, les scènes historiques comme Guernica ou les figures féminines (en espérant que sa toxicité envers ses dernières, désormais bien documentée, sera questionnée). Au programme des projections : Les Demoiselles d’Avignon, L’Arlequin assis, Mandoline et guitare, Portrait de Dora Maar, ainsi que des sculptures, des dessins, des céramiques, des pliages ou des papiers collés. Et, comme tous les ans, le programme long sera flanqué d’un court, de 10 minutes, dédié, cette année, à l’œuvre du Douanier Rousseau. On reconnaît volontiers que zieuter l’art naïf de cet artiste utopique en très grand format nous botte sacrément.
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