C’est une molécule d'éther en forme de boule à facettes de l'artiste Jeanne Susplugas qui accueille le visiteur à la Philharmonie. Quel rapport entre l'éther et le disco ? On ne saura pas. Et c’est un peu le caillou dans la platform boot de cette expo Disco I’m Coming Out : on a bien du mal à en tirer des informations.
Au-delà du kitsch
La curation, menée par Jean-Yves Leloup, Marion Challier et Patrick Thévenin, mixe des pièces grand public instagrammables et des éléments de contexte social pour présenter toutes les facettes de ce style musical trop souvent réduit à quelques tubes kitsch. On déambule donc entre sa naissance à partir de la soul américaine dans le cerveau de producteurs de génie, son rôle essentiel dans la culture club (née dans le Loft new-yorkais de David Mancuso à partir de 1970) et la fin de la fête avec l’autodafé de disques disco dans un stade de Chicago en 1979. Une petite décennie éclatante qui marque encore profondément la musique et l'art.
Néons, façettes et égalités des droits
Un néon du Paradise Garage (mythique club de New York), des boules à facettes molles du collectif néerlandais Rotganzen ou la batterie du pionnier français du genre Cerrone côtoient un coin dédié aux luttes de l’époque (un collage des photos de Fred W. MacDarrah de manifs pour les droits des civiques, des gays ou des femmes) et aux icônes queers (le fantastique et trop sous-estimé Sylvester).
Une façon de retranscrire le mélange d’hédonisme et d’activisme qui bouillonnait sur les dancefloors à la fin des 70’s, mais qui se fait malheureusement au détriment de la lisibilité générale. Bon courage pour trouver, par exemple, la définition rythmique du disco, cachée dans une interview en vidéo du batteur Earl Young. Une partie de la (trop) vaste piste de danse reconstituée du Studio 54 aurait pu être dédiée aux différentes évolutions du disco (la Hi-NRG, l’italo, voire la French Touch) pour clarifier un peu le contexte. La diva disco Gloria Gaynor chante I Will Survive, nous, on survole.