Après le succès de l’exposition consacrée à Modigliani et son marchand Paul Guillaume, le musée de l’Orangerie retente l’expérience avec un autre big boss du XXe siècle : Heinz Berggruen, marchand de Picasso, Cézanne ou Klee, mais aussi collectionneur et galeriste. À travers une petite centaine d'œuvres (dont certaines comptent parmi les plus belles du siècle dernier), c’est toute une époque que l’on redécouvre, entre douce émotion, expressionnisme radical et expérimentations picturales.
S’il est difficile d’identifier un “style Berggruen” (le garçon était du genre éclectique), personne ne niera ni son goût, ni son flair. “Je suis le meilleur de mes clients”, disait-il pour expliquer son choix de privilégier sa collection personnelle aux autres. Un amour de la peinture et de la sculpture (surtout quand elle est signée Giacometti) qui se ressent dans la présentation des 89 pièces, rarement vues ailleurs et prêtées par le musée Berggruen de Berlin.
Des travaux d’exception mis en valeur par un parcours thématique et une superbe scénographie ouverte, laissant dialoguer les œuvres entre elles par de petites percées. Ici, c’est tout l’art du siècle dernier qui se déploie, des expérimentations de Picasso (grande star de l’expo) aux papiers découpés de Matisse, en passant par les paysages de Klee et les portraits de Cézanne.
Les commissaires n'oublient pas non plus de raconter le contexte de l’élaboration de cette collection, hyper pointue pour l’époque, grâce à des textes et des cartels particulièrement pédagogiques, et jamais plombants.