Au centre de la scène, guitare électrique en bandoulière et casquette cloutée vissée sur la tête, Rodriguez Vangama donne le ton, convoque les musiciens à entonner leurs phrases mélodiques et fait dialoguer les instruments entre eux. Il est comme un chef d'orchestre au visage impassible et au charisme hypnotique. Figure de proue d'un spectacle sensuel, organique et festif. Alter-ego de Serge Kakudji. Et alors que le concert fait vibrer les murs du lycée Saint-Joseph, une averse soudaine pousse techniciens, musiciens et public à se réfugier au sec. Il faudra une bonne demi-heure pour que 'Coup fatal' redémarre. Une reprise sous les acclamations d'un parterre de spectateurs conquis par la bonne humeur et la générosité des Kinois. Sur le plateau énergiquement essoré, le décor est spartiate : trois rideaux de douilles, et une poignée de chaises en plastique bleu accompagnent les percussions, guitares et basses.
De ce spectacle émouvant, on retiendra la sublime voix de Serge Kakudji, les chorégraphies animales et aériennes des joueurs de likembe, et le jeu d'épaule de Deb's Bukaka. Coup de maître !